dépression, crise d'angoisse, maladie, Santé, Société, témoignages
Par david07
le 21/04/2009, vu 1801 fois, 27 Info vérifiée et éditée par la rédaction du Post.
L'opinion exprimée n'engage que son auteur. On parle beaucoup de la crise économique... Mais celle-là est tout aussi grave.
Affiche du film "Bonjour l'angoisse" (Messine Productions)
cineclap.free.fr
Elle arrive comme ça, sans qu'on ne l'appelle. Elle vous transforme en légume en deux temps trois mouvements.
Au début, à la première, on a très peur. On se demande ce qui ne va pas, d'où cela vient. Elle vous fait trembler dans tout votre corps mais de l'intérieur. A l'extérieur, on ne voit rien.
Elle vous empêche bientôt de sortir de chez vous, de faire vos courses. L'idée même de rentrer dans une grande surface est totalement exclue.
Elle vous fait aller chez le médecin:
- "Bonjour docteur, j'ai fait une grosse crise d'angoisse."
- "Bonjour cher patient, ce n'est rien, prenez ça tous les jours deux fois par jour, c'est du Xanax."
- "Merci docteur, au revoir."
Nous voilà shooté aux antidépresseurs pour un moment, mais ça marche un peu, la crise d'angoisse est moins présente.
Ensuite on commence à la dompter, on sait qu'en se couchant et en essayant de penser à de belles choses on sait sinon la faire partir au moins l'amoindrir.
Ouais mais bon voilà, entre le lit et les cachets nous voilà bien! Aller au boulot? Même pas en rêve. Aller dehors? Non pas envie, merci.
Alors on en parle, d'abord dans la famille. Et là le beauf, vous savez celui qu'on a tous, celui qui sait tout, celui qui a fait un an de médecine donc il sait tout sur le corps humain, des cheveux aux ongles de doigts de pieds. Bon en réalité il a étudié un an la cellule, ça l'a gavé, il a arrêté ses études et maintenant il vend des systèmes de filtration d'eau mais bon on l'écoute, on n'a rien à perdre.
Finalement, après un cours magistral sur la médecine moderne, on repart aussi con qu'avant.
Alors on se prend en main, on affronte sa(ses) peur(s). On essaye de sortir un peu, d'aller faire les courses avec tout l'attirail débile de l'angoissé, bouteille d'eau et sac plastique au cas où on aurait une méchante envie de vomir et surtout on essaye d'arrêter les cachets!
Une fois, deux fois, ça marche un peu mais pas tant que ça. Alors on insiste, quitte à être vraiment mal et là ça marche.
On revient de loin, on dort mieux, on ose ressortir, on va faire les courses tout seul comme un grand, on reparle de tout ça avec d'autres pour essayer de les aider et on est fier d'en être sorti.
Bien entendu pendant un temps (10 ans) on ne sort pas sans sa petite boite de cachets au cas où mais on va de nouveau bien, on retrouve un boulot où on se donne à fond, où l'on progresse et c'est génial!!!!
Voilà, c'est fini, tout ça est un mauvais souvenir. On ne sait pourquoi elle nous a choisi mais à la limite on s'en fout puisqu'elle est partie.
Flûte, pour une raison X ou Y on perd son boulot, on se retrouve à ne rien faire chez soi et elle revient comme au bon vieux temps.
On recommence le cycle infernal encore une fois, pas envie de chercher du boulot, pas envie de sortir, pas envie de voir du monde, re cachets, re alcools pour certains et surtout nuits pourries qui nous font redevenir un minable.
Elle est là et bien là, avec nous jusqu'au bout, certains décident d'en finir, d'autres essayent les psys sans trop de résultats à court terme, rien à faire elle est là...
Vie de merde!



